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Photo du retable de l'église Notre-Dame d'Aïnhoa

 

  

Le retable monumental s’étage sur trois registres

Le premier registre est centré sur le tabernacle surmonté d’un crucifix

et de deux anges en adoration et dont la porte représente le Cœur Sacré de Jésus.

Rythmé par des colonnes striées en spirale aux chapiteaux corinthiens,

ce registre constitue un résumé du rayonnement du christianisme :

Saint Jean Baptiste, le « précurseur » modèle de l’Espérance, a annoncé et préparé la venue du Christ ;

Saint Paul a joué au premier siècle un rôle essentiel dans l’expansion de la Parole de Dieu,

ce « glaive à deux tranchants », par ses voyages et ses épîtres adressées aux premières communautés ;

Saint Pierre, roc de la Foi sur lequel le Christ a bâti son église, tient les clés du salut des âmes et du Paradis ; enfin,

Saint Martin de Tours, propagateur du christianisme en Gaule et Père de l’Eglise, symbolise la Charité,

lui qui à Amiens au IVème siècle a donné à un pauvre la moitié de son manteau

(la part personnelle de son équipement d’officier romain acheté de ses deniers, l’autre appartenant à l’Etat).

 

Le second niveau, scandé par des colonnes cannelées aux chapiteaux composites,

s’organise autour de la Vierge qui, en extase, monte au ciel soutenue par des angelots.

La statue de Saint Blaise de Sébaste, évêque et martyr du IVème siècle,

évoque soit le patron des bergers

(auquel dans un rite quasiment païen on demandait la sauvegarde du bétail

lors de sa fête au début février, en brulant des poils d’animaux),

soit plutôt le protecteur des pèlerins et voyageurs pauvres.

Quant à Sainte Catherine d’Alexandrie, accompagnée de la roue dentée de la palme du martyr (IVème siècle),

elle est le symbole du mariage mystique de l’âme assoiffée de Dieu

mais aussi celui de l’intelligence capable de stupéfier et convertir les plus savants philosophes

(une sorte de synthèse harmonieuse de la Foi et de la Raison).

Le troisième registre, aux colonnes torsadées (salomoniques) est entièrement réservé à Dieu le Père

qui tient le globe terrestre et bénit toute sa Création en venant à sa rencontre

Dans sa bonté et par sa force toute-puissante,

non pour augmenter sa béatitude ni pour acquérir sa perfection,

mais pour la manifester par les biens qu’il accorde à ses créatures,

ce seul vrai Dieu a, dans le plus libre dessein, tout ensemble, dès le commencement du temps,

créé de rien l’une et l’autre créature, la spirituelle et la corporelle.

 

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