Erigé entre ciel et terre, dominant l’horizon plat du marais, le moulin de Rairé est le type même du grand moulin de l’ouest, un de ces « grands moulins-tours » du Pays de Monts, comme le disent eux-mêmes Charles Rivals et C. Gibbings. En effet, sa tour haute de 12 mètres, composé de moellons en calcaire (matériau plutôt rare dans ce pays où l’habitat traditionnel, la bourrine, est en torchis), et sa pesante assise (épaisseur des murs au rez-de-chaussée : 1.20m) font de lui un bâtiment imposant, surtout en regard de son époque de construction.
Cette forme architecturale, qui fait maintenant partie d’un patrimoine protégé (le moulin de Rairé est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1974) est aussi lié à sa fonction car cette solide bâtisse doit faire face aux coups de colère des vents venus de l’océan. Mais sa tonnelle élégante, à la fois altière et puissante, surmontée d’un toit élancé, témoigne également de l’évolution technologique, de l’histoire de la meunerie. La modification de l’organisation interne des mécanismes est presque visible sur la surface des murs.