• Abbaye d'Arthous

      

    Les vicissitudes du monument

     

    Au XVIe siècle, l’abbaye est ravagée par les guerres contre l’Espagne (1523), puis par les guerres de Religion entre 1563 et 1571.

     

    Le cœur de l’ensemble abbatial formé par le cloître et les bâtiments conventuels s’effondre. Seule l’église, en partie endommagée, résiste. Des fouilles ont permis de retrouver l’emplacement du cloître et le matériau de brique utilisé pour le dallage.

     

    La salle capitulaire, probablement située dans le prolongement du bras nord du transept, comme le laisse supposer un gros pilier retrouvé lors des fouilles, disparaît ainsi que les galeries du cloître.

     

    Toujours sur le mur du bras nord du transept de l’église, mais au niveau du premier étage, une porte cintrée ouvre aujourd’hui dans le vide, elle devait à l’origine permettre la communication avec une pièce située à l’étage, au-dessus de la salle capitulaire, vraisemblablement les dortoirs ou le réfectoire. Mais, l’absence d’archive relative à l’abbaye limite nos connaissances de cet ensemble au Moyen Age.

     

    Reconstruction et renaissance

     

    Les bâtiments abbatiaux sont reconstruits après les guerres de Religion. Les onze meurtrières qui scandent la façade ouest témoignent de ces temps troublés. En revanche, les fenêtres à meneaux qui s’ouvrent sur la cour intérieure caractérisent cette nouvelle renaissance. Une date, « 163 ? » est gravée au-dessus de la porte cochère de l’aile nord de la cour, précisant peut-être la fin d’une partie des travaux. En 1726, le clocher est reconstruit et en 1727, la longue nef de l’église est partagée en deux par un mur de refend ; la partie ouest de l’église est signalée « tombée ». L’inscription LAN/1750 orne la clef de l’arc de la porte d’entrée de l’abbaye.

     

    Les travaux et les réaménagements semblent perdurer jusqu’au XVIIIe siècle comme en témoignent les fenêtres en arc segmentaire caractéristiques de cette période qui rythment les façades nord et sud de l’aile nord des bâtiments conventuels

     

    Une abbaye-ferme

     

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    Photo de l'église romane de l’Abbaye d'Arthous

     


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    L’abbaye Sainte-Marie d’Arthous

      

    Une Abbaye prospère jusqu’au XVIe siècle

     

    L’abbaye Sainte-Marie d’Arthous est fondée en 1167 par les religieux prémontrés de la Case Dieu (diocèse d’Auch) sous l’autorité de l’abbé Bernard III et à la demande de l’évêque de Dax.

     

    L’implantation de l’abbaye sur cette étendue vacante à proximité du Pays Basque a pour vocation d’évangéliser les populations locales, d’offris un hébergement aux pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle et de contrôler un territoire âprement disputé par les seigneurs de Navarre, de Béarn et de Gascogne.

     

    L’abbaye d’Arthous vit des activités agricoles des religieux et des privilèges accordés par les seigneurs locaux. L’abbaye est prospère jusqu’au XVIe siècle mais la guerre avec l’Espagne puis les guerres de Religion la laissent en ruine.

     

    Les bâtiments conventuels sont reconstruits et agrandis au XVIe et XVIII siècles, mais la vie religieuse se détériore peu à peu.

     

    En 1766, l’évêque de Dax estime inutile de maintenir une abbaye qui n’a plus que cinq chanoines.

     

    A la veille de la Révolution, l’abbaye d’Arthous ne compte plus qu’un prieur et trois chanoines. Elle est vendue avec ses métairies et ses terres comme bien national le 14 mai 1791 et devient une exploitation agricole. Classés Monuments historiques en 1930 et en 1969, les bâtiments sont donnés au Département des Landes en 1964. Musée d’archéologie dès 1974, le site d’Arthous accueille depuis 2003 le Centre départemental du Patrimoine.

     

    Les inventaires et plans très sommaires de 1790 et 1791 montrent la pauvreté de l’abbaye à cette époque, mais nous décrivent cependant :

     

    Une aile ouest occupée au rez-de-chaussée par une bergerie et une écurie pour les chevaux, à l’étage par quatre petites chambres et un grenier pour le stockage du maïs et du foin.

     

    Le long de la façade nord de l’église, une construction à deux niveaux sert d’étable pour les bœufs, de grange à foin de grenier pour le maïs.

     

    Le petit bâtiment de l’aile est abrite une porcherie et un four à pain.

     

    L’aile nord est occupée, à l’étage par cinq cellules de chanoines et le logement de l’abbé dans l’angle nord-est, au rez-de-chaussée par le chai, le réfectoire, la cuisine et les réserves.

     

    A l’arrière, l’abbaye possède un puits, un colombier, un verger et une galerie de bois le long de la façade ouest.

     


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    Photo de l'église romane de l’Abbaye d'Arthous

     

    Le décor du chevet

     

    Colonnes simples ou doubles rythmant les absides, fenêtres à colonnettes, corniches à billettes portées par des modillons ou corniches à arcature, tout est ici prétexte à une sculpture abondante et variée.

     

    L’architecture de l’abside est rythmée par des doubles colonnes à chapiteaux et des contreforts plats. L’arcature formée de trente-quatre modillons et quatre chapiteaux souligne la corniche sculptée en damier. Cet ensemble fait référence au premier art roman méridional. Les trois fenêtres sont encadrées de colonnes à chapiteaux.

     

    Les absidioles sont décorées plus sobrement d’une corniche simple, à billettes, portée par une douzaine de modillons et trois colonnes à chapiteaux.

     

    Si, de loin, l’ensemble témoigne d’une unité artistique, on distingue cependant une nette différence stylistique entre les motifs végétaux et géométriques, habilement exécutés quoique assez secs et les personnages, au visage rond et au grand nez triangulaire, d’une exécution maladroite.

     

    Un ensemble sculpté exceptionnel

     

    59 modillons et 9 chapiteaux décorent le chevet de l’église Sainte-Marie d’Arthous. Cet ensemble de modillons sculptés est l’un des meilleurs exemples dans le sud de l’Aquitaine du répertoire iconographique des sculpteurs romans.

     

    Véritables bandes dessinées sculptées, ces modillons constituaient un important vecteur d’enseignement pour les gens du Moyen Age, majoritairement illettrés.

     

    Outre des motifs floraux et géométriques, on y remarque des scènes de l’Ancien Testament et des animaux fantastiques.

     

    Absidiole sud

     

    Les modillons de l’absidiole sud illustrent les péchés capitaux.

     

    Les n°1 et 4 évoquent deux vices majeurs : la luxure et l’ivrognerie. La sculpture romane met en scène les châtiments qui sont réservés aux pécheurs dans l’au-delà : des serpents dévorent les seins des femmes luxurieuses, tandis que l’homme qui a abusé de la boisson subit le supplice du tonneau éternellement rempli et qu’il doit boire sans fin.

     

    Abside Centrale

     

    Les modillons n° 9, 10, 11 et 12 présente l’histoire de la Chute, épisode de la Genèse. On y reconnait l’arbre aux fruits défendus, les pommes, le serpent, Eve tenant une pomme et Adam se serrant la gorge.

     

    La Fuite en Egypte (chapiteau 1) est évoquée par Joseph (tenant un bâton recourbé) guidant la Vierge et l’Enfant Jésus montés sur un âne.

     

    Le bestiaire est l’un des thèmes majeurs de la sculpture médiévale par la représentation d’animaux réels, imaginaires ou fantastiques (le griffon, le basilic ou la sirène

     


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